Fraise en mer
48HFP Toulouse
2025
Solal, héros local d’une petite ville en bord de mer, passe ses journées à nettoyer le rivage. Un jour, il fait la rencontre d’une jeune femme déguisée en fraise…
Fraise en mer est le troisième et dernier court-métrage produit par la Médiocrite dans le cadre du « 48 Hours Film Project » de Toulouse : deux jours pour écrire, tourner et monter un film avec les contraintes imposées. Histoire de corser le défi, nous avons situé le tournage de cette édition à Collioure, ville pittoresque de la côte méditerranéenne au sud de Perpignan.
Sur le fond, Fraise en mer soumet notre habituel ton absurde à une approche plus lente, contemplative et sensible. Il reflète aussi notre envie de changement tant sur le plan artistique que technique, et ses errances viennent quelque part le souligner. Le film divise, mais nous pensons au moins lui avoir donné une tonalité propre. Malgré ses défauts, il remporte le prix de la meilleure image et celui du 3ème meilleur film.
Fraise en mer soumet notre habituel ton absurde à une approche plus lente, contemplative et sensible. Le film divise, mais nous pensons au moins lui avoir donné une tonalité propre. Il remporte le prix de la meilleure image et celui du 3ème meilleur film.
Carole
48HFP Toulouse
2024
Un jeune couple se retrouve confronté à l'improbable suite à un accident routier…
Pour cette deuxième itération du « 48 Hours Film Project » de Toulouse, la Médiocrite s’attaque au registre de l’horreur. Le choix est fait, contrairement à Chrysotile (film de l’édition 2023), d’y inclure un bout de notre patte surréaliste et absurde. Atmosphère oppressante (voire dérangeante) et situations ridicules se mêlent alors pour lorgner sur un humour plus grinçant.
Rappelons que le format 48h conditionne nécessairement ce résultat. Carole souffre de son format, sûrement un peu trop court pour raconter son histoire, ce qui nuit à la clarté de sa narration. C’est néanmoins un film dont nous sommes relativement fiers, tant pour son image, son défi technique (24h de tournage pratiquement non-stop) et son ton relativement unique dans notre filmographie.
S'il ne remporte malheureusement pas de prix pour cette édition 2024, et reste relativement mineur parmi nos productions, Carole constitue une brique supplémentaire dans l'évolution de la Médiocrite.
Quentin Dupied
2024
Lorsque le gros orteil de Quentin réapparaît un beau matin, sa vie n’est pas la seule à être bouleversée.
Alors que Stand-Up Nation est encore en post-production, le projet Quentin Dupied nous tombe dessus comme un cheveu sur la soupe. Son titre, absurdité cosmique à la frontière de la légalité, en dit long sur le niveau de je-m’en-foutisme autour du court-métrage. Conceptualisé en quelques minutes, écrit le temps d’un TGV Toulouse-Paris, et tourné sur trois jours, Quentin Dupied est paradoxalement le plus abouti des cinq premiers films de la Médiocrite.
Pur « high concept », il vise avant tout l’efficacité et l’action en crescendo. Il profite aussi de la corporalité de son acteur principal pour jouer sur un burlesque décomplexé et volontairement caricatural – collaboration qui portera encore ses fruits sur nos futures productions. Quelque part, la Médiocrite revient à ses origines d’humour potache, en en assumant pleinement la démarche, et en y insufflant un savoir-faire technique un peu plus développé.
S’il n’y avait qu’un film à regarder pour découvrir nous découvrir, à l’heure actuelle, Quentin Dupied serait sans aucun doute le candidat idéal.
Stand-Up Nation
2024
Mathias est prêt à tout pour connaître le succès professionnel. Son seul défaut, ce n’est pas le perfectionnisme, mais son manque criant d’humour. La start-up qu’il intègre est dirigée par Maël, aussi connu comme le nouveau visage du one-man show…
Quatrième court-métrage (hors-48h) de la Médiocrite, Stand-Up Nation marque un tournant pour l’association. Il est notre premier « vrai tournage » qui implique une équipe technique constituée d’une vingtaine de personnes – hors de notre cercle habituel –, un budget plus conséquent et des conditions de production semi-professionnelles.
« SUN » est probablement le film le plus personnel et politique de cette filmographie, quittant le registre de la fable guignolesque pour affirmer un tournant plus satirique. Son écriture en revanche reste brinquebalante, n’arrivant jamais à encapsuler les états d’âme de ses personnages, et donc l’ambiguïté de son récit. À l’image de notre précédent film Jawad, SUN est trop ambitieux, et hésite constamment entre le court et le long-métrage. Le temps imparti et l’expérience ne sont pas suffisants pour travailler l’image et la mise en scène tels que le sujet l’aurait requis.
Bien qu’il soit notre quatrième film, SUN souffre encore de ce syndrome de la première fois, sorte de film étudiant inabouti. Il n’en reste pas moins une expérience humaine unique et fondatrice pour la Médiocrite, la plongeant désormais dans un tout nouvel univers.
Chrysotile
48HFP Toulouse
2023
Antoine Clavel, charpentier spécialisé dans les travaux de désamiantage, contacte une journaliste afin de dévoiler un scandale en devenir.
Chrysotile est le résultat de notre première participation au « 48 Hours Film Project » de Toulouse : un concours où les équipes candidates ont quarante-huit heures pour écrire, tourner et monter un court-métrage à partir des contraintes imposées (personnage, accessoire, ligne de dialogue et genre du film).
Il est sans aucun doute le vilain petit canard de cette filmographie. Les conditions de production y sont pour beaucoup, et un « 48h » ne doit pas être regardé en dehors de ce contexte-là : les décisions sont expéditives, les heures de sommeil manquent, le recul est impossible à prendre. D’autant plus que Chrysotile est une première expérience, nécessairement casse-gueule. La Médiocrite sortait alors du long tournage de Stand-Up Nation (encore en post-production) et ne mesurait pas à quel point gérer un « petit tournage improvisé » demandait, paradoxalement, beaucoup de préparation.
Mais surtout, Chrysotile souffre de son ton, car il est notre premier court-métrage à assumer un virage dramatique. Manque d’expérience et manque de temps ne font pas bon ménage : l’écriture se contente de singer ce qu’on attendrait d’un thriller lambda, sans jamais saisir le réel qu’elle voudrait dramatiser.
Chrysotile aura au moins eu le mérite de nous faire sortir des sentiers battus. Pour le reste, il n’est qu’un exercice conceptuel parfaitement oubliable. Il remportera tout de même le prix du « Meilleur espoir masculin » pour cette édition toulousaine de 2023.
Le complexe d'Icare
2023
En proie à une terrible addiction, Léandre doit prendre une décision radicale pour survivre…
Le complexe d’Icare marque la conclusion d’une première trilogie pour la Médiocrite. Outre la récurrence thématique de personnages masqués (plus ou moins volontaire), nos trois premiers films sont le résultat d’une production décomplexée entre potes et complètement en marge de tout circuit professionnel. Icare est le dernier vestige de cette économie plus que réduite, où le plateau se limite parfois à quatre personnes.
Mais il prépare aussi la suite : bien que toujours ancré dans ses références de culture pop, il se veut plus accessible et plus efficace. Une retenue due, avant tout, à l’éprouvant tournage de Jawad, qui nous pousse à travailler un scénario plus court et plus simple. Le film y gagne en intelligibilité sans renoncer à notre habituel ton cynique et absurde. Icare comporte en effet des scènes d’action incluant des tournesols vivants… Ce travail est notamment permis par l’arrivée d’un chorégraphe de combat dans notre équipe, première rencontre professionnelle qui nous ouvrira bien des portes par la suite.
Avec Le complexe d’Icare, la Médiocrite entre dans une phase de transition, trouvant enfin une forme de maturité et se préparant à dépasser son statut de simple « groupe de potes ».
Jawad
L'enfant du chaos
2022
Un inspecteur parisien et un officier allemand, perdus en Ardèche profonde, doivent élucider l’énigmatique meurtre d’une personnalité locale. Mais les cinq domestiques présents sur place semblent cacher un lourd secret…
S’il pastiche le whodunit façon Agatha Christie sur la forme, Jawad – L’enfant du chaos reste l’héritier direct de Free Rami dans son humour geek et pseudo-politique très référencé (pour le meilleur et pour le pire). Il pousse en revanche son absurdité bien plus loin et de façon bien plus cynique, devenant le moteur invisible d’un récit qui s’auto-détruit.
Jawad est aussi, jusqu’à ce jour, le projet le plus ambitieux (irréaliste) et jusqu’au-boutiste (fou) de la Médiocrite. De par sa forme, d’une durée avoisinant le long-métrage, mais aussi de par ses conditions de production chaotiques. La fiction pénètre la réalité : l’équipe est piégée dans cette maison pour plus d’une semaine, étouffant à peine les tensions qui la traversent, ne fermant presque pas l’œil de la nuit, et où de jour en jour, la conclusion semble un peu plus inatteignable. À ce titre, le nom de l’œuvre n’est pas usurpé.
Cette dissonance entre nos ambitions, nos moyens matériels et notre expérience place malheureusement le film dans une « uncanny valley » entre le film de potes et le projet professionnel. Jawad marque ainsi la fin de l’innocence pour la Médiocrite, le besoin de grandir et de se séparer de certaines gamineries si nous voulons évoluer. La production s’achève tout de même par une consécration symbolique, le film étant projeté au cinéma l’ABC de Toulouse pour sa sortie. Jawad n’est pas un grand film mais c’est notre grand film, le véritable acte fondateur de la Médiocrite.
Free Rami
2020
Suite au kidnapping de leur grand leader Rami, la FDJ (Fédération des Jeunes) soupçonne un complot anticommuniste d’envergure internationale. Leur enquête les mène au cœur de conflits dont ils ne pouvaient pas soupçonner l’existence…
Premier court-métrage du collectif, Free Rami n’avait pas d’autre ambition que d’être une private joke. La future Médiocrite produit des vidéos de shitpost dès l’été 2019 sans même jamais penser à « faire du cinéma ». Dans l’une de ces vidéos, nous partons d’un fait réel : Rami, camarade de classe à la tête de toutes les manifs du lycée, est arrêté alors qu’il proteste contre la première réforme des retraites d’Emmanuel Macron. Les circonstances sont floues, l’évènement provoque un petit tollé local, et on a le droit à un tweet de Philippe Poutou brandissant cette pancarte : « Libérez Rami ! »
Quelques mois plus tard, épidémie de Covid-19, bac annulé. Ce temps est mis à contribution d’un projet bien plus stimulant intellectuellement, à savoir une revisite de notre précédente vidéo en véritable court-métrage. Évidemment, Free Rami sent bon cet humour geeko-politico-edgy un peu boutonneux (« haha le communisme c marrant »), tout en accomplissant l’exploit d’être parfaitement apolitique si ce n’est un poil conservateur. Surtout, le film est écrit, tourné et monté sans la moindre connaissance cinématographique technique ou artistique.
Malgré sa médiocrité évidente (il n’a jamais prétendu être autre chose), le projet encapsule sa petite époque, l’humour un peu naze, le budget inexistant assumé, l’équipe de branquignols qui apprend tout sur le tas. Nous ne voulions pas faire de Free Rami un « film », et pourtant il l’est devenu. Une fois achevé, il n’était plus possible pour la Médiocrite de faire machine arrière ; il fallait recommencer, encore et encore.